L'idée : relier les îles, pas seulement en faire le tour
C'est ainsi que le projet a vu le jour : unvoyage en bikepackingà travers lesîles allemandes de la mer du Nord. Passeulement faire le tour d'une seule île, maisen relier plusieurs —en ferry, sur des digues, le long d'étroits sentiers côtiers, et dans l'air salé. Et comme je roule rarement seul lors de ce genre de voyages, ça a vite été clair : Martin Donat allait m'accompagner. On a fait plein de circuits ensemble, et on sait que pour ce genre de balades, un bon équipement et l'improvisation vont de pair.
La configuration : flexible et prête à tout
Pour ce circuit, j’ai roulé sur le Ghost Asket CF PRO, un vélo de gravel léger et confortable, parfait pour les excursions de plusieurs jours. Ce qui m’a particulièrement marqué : lesoptions de fixation bien penséespour les sacoches. Tente, réchaud, vêtements, outils… tout avait sa place et était facile d’accès. Ce genre defonctionnalitéfaitvraimentla différence lors des longues sorties.
La merveille du bikepacking
De Klanxbüll à Rømø : le calme de la basse saison
Notre voyage a commencé àKlanxbüll, juste avant la frontière danoise. De là, on a traversé la longue digue pour rejoindre l'île deRømø.En avril, c'était encore la basse saison : c'était paisible, mais tellement calme qu'on n'a même pas trouvé de restaurant ouvert. Notre premier repas ?Une pizza,mangée dehors dans le vent, en doudounes, devant un snack-bar danois. On ne pouvait pas manger à l'intérieur.
Sylt : sandwichs au poisson, dunes… et currywurst au Sansibar
Le lendemain matin, on a pris leferry pour Sylt.Le brouillardmatinal, l'air salé, le premier sandwich au poisson… l'ambiance des vacances s'est tout de suite installée. À List, on a retrouvé mon amiDietmar.Il vit sur l'île depuis des années et a passé16 d'entre elles comme chef cuisinier au Sansibar, ce célèbre restaurant au pied des dunes qui attire les célébrités en été.
Aujourd’hui, il tient un petit café qui met l’accent surune cuisine saine et locale. Il nous a quand même emmenés sur son ancien lieu de travail. Même si on n’était pas riches — peut-être juste beaux —, on a étéaccueillis sans hésitation. En sueur, dans nos tenues de cyclistes, avec des vélos de gravel chargés à bloc au lieu d’une Porsche — et pourtant,on nous a complètement acceptés. Ce genre d’ouverture d’esprit a fait de notre arrêt à Sansibar l’un des moments les plus mémorables du voyage. La currywurst sur les marches, entre le restaurant et la terrasse, est devenue le symbole de ce voyage :non conventionnel, authentique et chaleureux.
Amrum : dunes, camping et le calme de la mer du Nord
Depuis Sylt, on a pris le bateau rapide pourAmrum.Cette île, avec sesimmenses dunes et ses vastes étendues de sable, nous a vraiment marqués. Le camping près de la plage étaitcalme et isolé— parfait. Comme le camping sauvage n’est pas autorisé sur les îles, on a planifié toutes nos étapes avec Komoot pour qu’elles se terminent dansdes campings officiels. Ça a super bien marché et ça nous a toujours menés dans des endroits exceptionnels.
Föhr : problèmes techniques et gentillesse humaine
Le lendemain matin, on a fait le tour d'Amrum et on a pris leferry pour Föhr.Là-bas, on a eu un problème : le système de changement de vitesse électronique de Martin a cessé de fonctionner — la batterie était à plat, et on n'en avait pas de rechange. Le moral était au plus bas — jusqu'à ce qu'un cycliste sur route équipé exactement du même groupe passe par là. Je me suis précipité à sa poursuite, je lui ai expliqué la situation — et sans hésiter, il nous a tendu sa batterie de rechange. Pas de questions, juste de l'aide. Ce moment de gentillesse spontanéenous a sauvé la miseet c'estquelque chose qu'on n'oubliera jamais.
Un parcours plat, mais qui reste un défi : 320 kilomètres face au vent
Au total, on a parcouru320 kilomètres— avecseulement 340 mètres de dénivelé. Ça a l'air facile ? Pas au bord de la mer du Nord. Quand leventtesoufflede face, même le tronçon le plus plat devient un véritable défi. Mais c'est justement ce qui rend cette région si unique : des paysages saisissants et des conditions en constante évolution qui te tiennent en haleine.
Conclusion : redécouvrir des lieux familiers
Ce périple était bien plus qu’une simple sortie à vélo. Je connais la côte de la mer du Nord depuis mon enfance : c’est làque j’ai appris à faire du vélo. Maisavec une tente, unitinéraire improviséet notre propre rythme,cette expérience s’est transformée en quelque chosede complètement nouveau.Plus lent, plus intense… et riche en souvenirs qui resteront gravés dans nos mémoires.


